Tobias
Putrih

Tobias Putrih

Né en 1972 en Slovénie.

Tobias Putrih puise dans les recher­ches anti­confor­mis­tes des fonc­tion­na­lis­tes ; tels que le cons­truc­ti­viste El Lissitzky (1890-1941), ou le ration­na­liste Richard Buckminster Fuller (1895-1983), mais aussi des ?orga­ni­ques? à l?exem­ple de Frederick J. Kiesler (1890-1965) ; matière à rêver et à penser les cir­cons­tan­ces dans les­quel­les l?archi­tec­ture devien­drait un pur espace.

Il réa­lise selon ses pro­pres termes, ?des maquet­tes inti­mes, proto-scien­ti­fi­ques et légè­re­ment iro­ni­ques?, des ?pro­tos­pa­ces? qui font, dans le contexte tech­no­lo­gi­que actuel, l?éloge du pou­voir de la sub­jec­ti­vité. Dans le tra­vail de Tobias Putrih, le vide devient sub­stance struc­tu­rante et matière édificatrice.

Comme dans ses autres pro­po­si­tions, Putrih troque les maté­riaux high-tech des pro­jets-réfé­rents contre des maté­riaux ?pau­vres?, qui à la fois accen­tuent leur allure pré-tech­no­lo­gi­que, leur côté ?fait main?, et confor­tent le tra­vail de déma­té­ria­li­sa­tion des objets.

Putrih ne tra­vaille pas à ce qu?une réa­lité se sub­sti­tue aux illu­sions des signes et des images. Il ne s?agit pas pour lui d??oppo­ser la pra­ti­que à l?utopie?, mais de ?rendre à celle-ci son carac­tère d??irréa­lité? (Rancière). Tobias Putrih serait donc un ?anar­chi­tecte? selon le mot de Gordon Matta-Clark. Il ne cher­che pas à cons­truire, mais il ne détruit pas non plus. La décons­truc­tion ne signi­fie pas l?éradication d?une struc­ture archi­tec­tu­rale, mais sa décom­po­si­tion en vue d?un nouvel agen­ce­ment de signes et d?images.

Extrait du texte de Evence Verdier, Art Press n° 300, avril 2004.