Raphaël
Zarka

Raphaël Zarka

Raphaël Zarka est né à Montpellier en 1977. Il vit et travaille à Paris.

Raphaël Zarka travaille comme le « curieux » qui rassemble à l’intérieur de son cabinet les bases d’un monde en miniature. Nostalgique d’un temps où créer et découvrir étaient encore synonymes, l’artiste place en exergue de sa pratique une phrase qu’il emprunte à Jorge Luis Borges : « C’est presque insulter les formes du monde de penser que nous pouvons inventer quelque chose ou que nous ayons même besoin d’inventer quoi que ce soit. »

Depuis 2001, il développe une série de photographies intitulée les formes du repos qui comprend diverses ramifications. Figer le mouvement et découper le monde sont des activités étranges, aussi, les sujets que Raphaël Zarka s’autorise à photographier se donnent comme autant de natures mortes naturelles, d’images toutes faites. Il collectionne le plus souvent des objets en béton perdus dans la nature ou sur un terrain vague et ces formes géométriques, plus ou moins reconnaissables, nous posent toujours la question de leur usage. Elles sont à l’écart, en attente, au repos. Elles suggèrent un mouvement qu’elles ne donnent pas. Se sont également des passages, des formes où quelque chose du passé s’incarne dans le présent. Plus proche en cela de Robert Smithson que de la photographie documentaire, Raphaël Zarka ne peut se résoudre à évacuer l’imaginaire de la forme. Ses œuvres, aussi géométriques soient-elles, ne sont jamais abstraites ; sourdes peut-être mais certainement pas muettes.

Quant les objets se déploient dans l’espace, les photographies s’étirent dans le temps. A partir de 2002, Raphaël Zarka utilise la vidéo quand la complexité d’un espace échappe à l’œil statique de la photographie. Il documente ainsi le monorail de l’Aérotrain (Pentacycle, 2002), un skatepark surréaliste perdu sur une colline, (Rooler Gab, 2004), une sculpture géante aux allures de labyrinthe du peintre Alberto Burri (Cretto, 2005), en suivant le chemin d’un personnage : un pentacycliste, un chien, un homme à tête de sculpture. Inachevées, abandonnée parce que n’ayant pas réussit à trouver leur place dans le monde, ce qui leur confère le statut d’utopies à demi réalisées), Raphaël Zarka décrit ces différents types de pistes comme « des fossiles du mouvement à l’échelle du paysage ».

Passionné de skateboard, de sa pratique urbaine comme des constructions qui lui sont spécifiques, Raphaël Zarka déploie encore son activité artistique au moyen de l’écriture. Il est l’auteur d’un essai, La Conjonction Interdite (2004) et d’un livre, Une Journée sans vague, Chronologie lacunaire du skateboard (2006) qui analysent cette pratique populaire autant qu’ils éclairent de biais le travail de l’artiste.

© Albert Asthom, Les formes du repos, Communiqué de presse